Où va-t-on s’arrêter ? D’après le magazine Livres Hebdo, 956 BD traditionnelles et 446 mangas paraîtront d’ici la fin du mois d’octobre ! Si l’on devait les empiler, on atteindrait une hauteur de 14 mètres ! Imaginons un libraire qui commande une moyenne de 5 ouvrages au titre, celui-ci aura donc une pile de 70 mètres de hauteur à caser dans ses rayons ! La hauteur de Notre Dame de Paris !
En point d’orgue, la sortie du nouvel album de Titeuf prévue ce jeudi 28 août, tiré à près de deux millions d’exemplaires.
Cette accumulation de titres n’est pas une bonne chose car ni les éditeurs, ni les libraires, et encore moins les lecteurs n’ont intérêt à ce que cette croissance se poursuive. Pourquoi ? Pour les éditeurs, le fait de publier plus les oblige à réduire leurs tirages. Les risques d’échecs sont également plus élevés car comment trouver sa place parmi ces centaines de titres et comment promouvoir au mieux chacun d’eux ? Pour les libraires, les soucis de rangement sur leurs tables non extensibles se mêlent à l’impossibilité de conseiller leurs clients. D’autre part, la rotation des ouvrages étant de plus en plus importante, cela les oblige à effectuer davantage de travaux de manutention, de déballage de cartons, d’emballage, d’encodage, et j’en passe… Eux aussi en ont marre… Quant au lecteur, il est totalement dépassé. Le budget à consacrer à sa passion croît plus rapidement que la valeur marchande du baril de pétrole.
Marc Varence
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